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Sur la terrasse,
Elle est là, la vieille dame. Comme Elle était là
hier, avant-hier, tous les jours, dans son fauteuil, immobile, calme,
paisible, le regard plongé au fond de sa solitude. On ne la voit
jamais sinstaller. Quand le jour simpose, Elle est déjà
là, comme si le soleil en se levant lavait déposée
délicatement sous la galerie couverte, juste à côté
de sa petite table.
Durant de longues minutes, elle reste le regard fixé sur le jardin
en contrebas. Un grand parc à la française avec ses bordures
de buis et ses alignements de rosiers, sa fontaine doù
ne jaillit aucune eau, au fond de la grande allée fermée
par les deux cèdres séculaires. Ses bancs aussi, déjà
presque tous occupés par les silhouettes fragiles de quelques
résidents, les plus alertes, en raison du beau soleil qui chasse
les restes de rosée.
Dans la pénombre,
Elle apparaît fragile, belle encore. Belle surtout, avec ses rides
sereines, ses yeux clairs, le soin de sa coiffure, et son maquillage,
toujours discret. Une beauté émouvante, qui accueille
sans récriminations le temps qui passe. Quel âge lui donne-t-on
? 85, 90 ? Un peu plus, un peu moins ? Lâge où lon
ne vieillit plus, où lon se fane plutôt, où
lon se déprend de soi, inexorablement, comme à lautomne
les arbres, feuille après feuille, jour après jour. [
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